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Sonatrach arrête un plan d’investissement de 56 milliards USD

Au moment où les pays européens cherchent à assurer leur sécurité énergétique et essayent d’imposer des conditions défavorables à leurs fournisseurs traditionnels, contraignant les producteurs à revoir leur stratégie de commercialisation en vue de trouver de nouveaux débouchés à leur gaz, une intéressante offre américaine vient à point décrisper un marché tendu et sec. Le département d’État américain souhaite lancer un partenariat avec l’Algérie dans l’énergie en vue d’assurer la sécurité des approvisionnements de la région, notamment ceux destinés au marché européen. S’exprimant sur ce sujet ô combien sensible de la sécurité énergétique, lundi dernier, lors du forum algéro-américain sur l’énergie à Houston, Sandra Oudkirk,
vice-secrétaire d’État adjoint a affirmé qu’«une des meilleures façons pour les États-Unis et le gouvernement algérien de travailler ensemble est de renforcer la sécurité énergétique de la région par la promotion de la diversification énergétique».

La diplomate américaine a ajouté que plusieurs pays dépendent encore d’une seule source ou forme d’énergie ce qui les rend vulnérables aux perturbations d’approvisionnement qui menacent leur sécurité économique et nationale. Oudkirk a cité l’exemple de certains pays européens, largement dépendants du gaz russe, en indiquant que le bureau des stratégies énergétiques du département d’État soutenait les efforts de diversification de l’approvisionnement et des voies de transport de l’énergie vers ce continent. En citant le gaz russe, de toute évidence, l’offre russe ne manque pas d’arrière-pensée, ni de soulever des interrogations liées à la lutte géopolitique avec Moscou, mais puisque les affaires demeurent dans une large mesure plus pesantes sur la balance des relations que les seules considérations politiques, alors autant prendre l’offre pour ce qu’elle est : un partenariat important s’imbriquant dans d’autres. «L’Algérie est un grand fournisseur d’énergie pour l’Europe et nous la félicitons pour être un partenaire fiable, aidant le continent à diversifier ses approvisionnements», a ajouté Oudkirk, précisant que «les États-Unis encourageaient l’Algérie à augmenter ses exportations vers l’Europe ainsi que vers d’autres pays du monde», soulignant, par ailleurs, le renforcement des relations entre les deux pays ces dernières années. La coopération économique est réellement la base pour des relations bilatérales renforcées». Les conditions imposées et la non-reconduction des contrats à long terme annoncée par quelques pays européens pourraient mettre à mal l’approvisionnement vers l’Europe, qui compte s’orienter de plus en plus au marché spot pour satisfaire ses besoins énergétiques.

Sur ce plan précis, les États-Unis misent déjà sur les exportations de GNL vers l’Europe centrale et de l’Est, des régions fortement dépendantes du gaz russe. Le président Donald Trump a promis en juillet dernier, lors d’un sommet à Varsovie, ayant regroupé une douzaine de dirigeants européens, de promouvoir les exportations de gaz naturel liquéfié vers ces pays.

Sonatrach et Sonelgaz présentent leur potentiel d’investissement

On apprend aussi sur ce sujet que les groupes énergétiques algériens Sonatrach et Sonelgaz, qui s’apprêtent à lancer d’importants projets de développement, ont présenté lundi leur potentiel d’investissement à Houston (Texas) à l’occasion de la deuxième édition du forum algéro-américain sur l’énergie.

Le P-dg de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, qui participe à cette rencontre à la tête d’une importante délégation, a indiqué que son groupe avait arrêté un plan d’investissement de 56 milliards de dollars sur cinq ans et dont les détails seront rendus publics dans les trois prochaines semaines. Devant les représentants de compagnies américaines qui prennent part à ce forum, il a dit : «C’est une annonce importante pour les partenaires qui souhaitent investir en Algérie».

Le P-DG de Sonatrach a axé son intervention sur deux autres points importants, à savoir la stratégie de gestion de Sonatrach à l’horizon 2030 et le potentiel des ressources non conventionnelles en Algérie. Ces trois axes réunis devraient donner un nouvel essor au premier groupe énergétique africain qu’il dirige depuis mars 2017. Ould Kaddour a expliqué que la nouvelle stratégie de Sonatrach consiste à diversifier les sources d’énergie du groupe en allant vers des activités nouvelles dans l’offshore et le gaz de schiste. La vice-secrétaire d’État adjoint, Sandra Oudkirk, qui est intervenue juste après M. Ould Kaddour, a indiqué que les États-Unis s’intéressaient au développement des énergies non conventionnelles en Algérie, relevant au passage leur impact positif sur la sécurité énergétique des pays.

In : LE COURRIER du 31/01/2018  

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